• Jessica

Commencer à vivre

L’autre jour, mon thérapeute me posait la question : « quand allez-vous cesser d’avoir peur et enfin commencer à vivre ? ».


Cette simple question a ébranlé tout mon être.


En une milliseconde, j’ai senti tous les remparts se dresser. Les blocages apparaître. La rigidité s’installer. Les questionnements, les doutes agiter mon esprit. Mon Cœur battait à mille à l’heure. Ma tête tourbillonnait. Mon estomac se nouait à m’en donner la nausée. Je ne pouvais plus penser. Ma mâchoire était figée.


Avec le temps, j’ai appris à reconnaître ces symptômes : mon être entier se mettait en position de défense, prêt à faire face aux menaces et aux attaques. Mais de quoi ai-je donc besoin de me défendre ? Quelle est donc cette peur qui me fait perdre pieds ?

Avec les années, j'ai appris à en identifier plusieurs qui, je pense, sont assez communes aux êtres vivants et sensibles que nous sommes.


Peur du rejet. De l’abandon. Peur de prendre trop de place. D’être invisible. Peur de ne pas être « assez ». D’être « trop ». Peur de me montrer telle que je suis. De voir l’Autre tel qu’il.elle est. Peur que l’on voit mes blessures. Peur de faire peur. Peur du contrôle. De perdre le contrôle. Peur de faire des erreurs. De me tromper. D’échouer. Peur d'aimer. Peur d'être aimée. Peur de souffrir. De faire souffrir. Peur de vivre.


Mais au-delà de toutes ces peurs, il y a surtout l’intime conviction que la douleur infligée me serait insurmontable. Que je n’aurais pas la force de survivre à ces douleurs émotionnelles. Je m'interdis de vivre de peur de mourir. Alors je souffre quand même, en silence et en me justifiant. En nourrissant les peurs et les blocages en leur donnant raison, raison de moi, raison de mon existence.


Mais quand vais-je cesser d’avoir peur et commencer à vivre ? Ai-je envie de passer ma Vie cloisonnée derrière mes peurs à souffrir de la peur de souffrir ? Ou suis-je prête à expérimenter, trébucher, tomber et me relever, apprendre, grandir et devenir chaque fois un peu plus vivante ?


La Corse m’a appelée à elle pour sortir de cette tour d’ivoire dans laquelle je m’étais réfugiée pour éviter de souffrir. Elle me montre qu’aucune situation de souffrance émotionnelle ne peut me tuer. Que malgré mes failles, mes faiblesses, mes peurs, mes défauts et mes maladresses, je continuerai à grandir, à aimer, à être aimée … à vivre.


Les remparts, les blocages, la rigidité, les questionnements. Tous sont de précieux indices qui me montrent là où je dois justement pousser la porte, avec douceur et bienveillance, plutôt que de fuir et me réfugier dans ma tour d’ivoire tapissée de peurs. Ils me montrent là où je dois m’ouvrir, m’assouplir, prendre du courage et dire « oui » à la Vie, à l’expérience, à l’opportunité de grandir. Dire « oui » à la possibilité que, derrière le risque de souffrir, il y ait aussi le risque de goûter au Bonheur.

C’est un travail constant de foi, de présence, et de courage - qui se fait pas après pas, jour après jour, instant après instant, situation après situation, rencontre après rencontre.


Et chaque jour, j'honore la Vie et choisis de faire un pas de plus vers Elle. Je choisis de m'offrir, de m'ouvrir et de prendre le risque de goûter au Bonheur. Je choisis de vivre.



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